Idée n°87 : saluer le lion
C’était au mois d’août 1998. Pour une raison qui m’échappe, je m’étais retrouvé tous seul un soir devant une télé allumée, sur une chaîne qui diffusait un reportage sur l’Afghanistan. Le reportage commençait par ces mots : “Afghanistan, pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout, ou presque”.
Je n’avais jamais entendu parler du commandant Massoud, mais je n’allais pas tarder à comprendre l’admiration que lui portait le réalisateur, Christophe de Ponfilly. Admiration sans limites puisque celui-ci finirait par se suicider, inconsolable, quelques années après la mort de celui qui était devenu son ami.
Je découvris ce soir-là un homme et un peuple profondément humains, capables de rire à l’évocation de leurs maisons détruites, fiers de pouvoir offrir à leurs visiteurs quelques fruits de leurs arbres, moissonnant leurs blés à la faucille, résistant à des empires depuis plus de 20 ans, profondément marqués par la guerre mais lisant des poèmes dans les instants de trêve, et riant, sans cesse.
Christophe de Ponfilly aimait Massoud, et son amour était communicatif. Pendant trois ans après ce soir, j’ai vécu avec Massoud à l’esprit en permanence, me réjouissant de ses victoires, rageant de ses reculs face aux Talibans, l’espérant immortel mais craignant pour sa vie.
Je ne sais quel relâchement de l’attention, ou peut-être quelle fatigue d’exister nous a valu ce jour imbécile de septembre où il les a laissés l’assassiner, mais depuis, chaque fois que je flanche, que je doute, je pense à lui et à ces Afghans qui ont combattu durant toutes ces années sans jamais perdre leur humanité. Revoir Massoud l’Afghan me tire à chaque fois des larmes, mais ce sont autant des larmes d’admiration que de tristesse. J’aurais aimé vivre et mourir comme Massoud, comme ces Afghans capables de traverser le pire sans perdre joie ni courage.
Nous avons tant à apprendre d’eux.
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Massoud l’Afghan, documentaire de Christophe de Ponfilly, 1998.
Rughju di vita, chanson hommage à Massoud du groupe Voce ventu.
Massoud a été assassiné le 9 septembre 2001, il y a 10 ans jour pour jour. Pour avoir vaincu l’armée soviétique à la tête de ses moudjahidin, il était surnommé le lion du Panshir, sa vallée natale.
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Très bel article. Je m’en vais de ce pas découvrir le documentaire, merci.
Chacha
9 septembre 2011 à 15:34
Bel hommage…
PS c’est vrai: fait chier…
Pierre-André
9 septembre 2011 à 22:32