1000 idées pour la Corse

1000 idées pour la Corse et pour le monde

Idée n°102 : malmener gaîment la démocratie

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Le débat sur le mariage pour tous me passionne. Pas que je sois pour ou contre : pour une fois, voilà bien un sujet sur lequel je n’ai pas d’avis. Et c’est justement pour ça que ça me passionne. D’abord, parce que si je n’ai pas d’avis sur cette question, moi qui en ai sur à peu près tout, c’est que la question est difficile. Et ensuite, parce que l’état du débat sur cette question difficile est à la fois désolant de simplification et terriblement éclairant de l’état du débat démocratique en France.

Des amis se sont étonnés que je ne sois pas clairement pour ce mariage pour tous. Ils me savent progressiste, ouvert d’esprit, attaché aux droits de l’homme. Il semblait évident que c’était une cause pour moi. Et c’est vrai qu’a priori, sans réfléchir, je serais plutôt pour, d’autant qu’entre nous, ce truc ne changera pas le cours de l’univers. Mais voilà, en face, les contre, ils envoyaient quelques arguments, et je ne pouvais pas me déterminer sans les avoir examinés.

Et aussi, très vite, j’ai vu fleurir, de mon bord, celui des progressistes, toute une série d’arguments fallacieux, qui a commencé à me faire douter de cette certitude d’être dans le sens de l’histoire. J’ai toujours eu pour principe de considérer que quand on a raison, on doit pouvoir argumenter sur son point de vue sans sophisme.

Or, du sophisme, du côté des « pour », il y en a eu à la pelle. Et pour commencer, celui consistant à ne presque jamais parler du fond pour toujours se concentrer sur la personnalité de l’adversaire. Le bon vieux principe de l’attaque Ad Hominen. Ainsi, les opposants (ou les sceptiques) au mariage gay n’étaient plus des citoyens qui s’interrogent, peut-être à tort, sur une évolution qui les perturbe. Non, ils étaient devenus soudain des fachos, des intégristes, des réacs. En bloc. Tous.

L’exemple type de ce dérapage est un article de Didier Lestrade, un vieux militant de la cause gay, co-fondateur d’Act Up Paris. Il rencontre des opposants, dans une ambiance qu’il décrit lui-même comme constructive. Des opposants d’origines politiques variées, il le dit lui-même. Qui acceptent le débat démocratique, et même la défaite. Ce qui ne l’empêche pas de titrer son article « Ma soirée chez les fachos ». On peut trouver étrange que le qualificatif le plus approprié pour désigner des gens de divers horizons qui débattent démocratiquement soit « fachos ». On peut trouver aussi assez peu noble l’attitude qui consiste à catégoriser ainsi des gens avec qui on a passé une soirée cordiale. Mais le plus surprenant est de voir Didier Lestrade terminer son article par une plainte sur les insultes dont sont victimes les pro-mariage. Comment peut-on reprocher à l’autre ce que l’on fait soi-même ?

Il est évident que cette méthode a l’avantage de la simplicité. Une fois l’autre désigné comme fasciste, le combattre, lui ou n’importe laquelle de ses idées, est une évidence. Le problème, c’est qu’à moins de définir des critères très stricts menant à décerner le certificat de fascisme, appliquer ce qualificatif à un adversaire est tout sauf une méthode démocratique. Ce serait même un tout petit peu… fasciste.

Autre méthode facile : on trouvera toujours, dans une population de plusieurs millions d’individus, quelques dizaines d’hurluberlus ridicules. La méthode consistera évidemment à focaliser toute l’attention sur ces individus. C’est la méthode Petit journal de Canal plus. C’est rigolo, mais encore une fois, ce n’est pas du débat.

En revanche, on parlera le moins possible de l’autre poignée des opposants, celle qui produit des discours argumentés et parfois complexes. Il faut parfois aller chercher dans les coins pour trouver les argumentaires d’un philosophe, d’un homosexuel opposé au mariage pour tous et à l’adoption par les homosexuels, voire d’un écologiste, ou encore d’une femme de gauche et philosophe, ou bien une sociologue et directrice de recherche au CNRS…

On utilisera ad nauseam l’argument sociologique en brandissant toutes les études favorables, sans jamais rappeler les études plus nuancées ou défavorables, et notamment la plus importante étude jamais menée sur la famille, celle de Mark Regnerus. Ou bien, on en parlera en soulevant des objections sur des points qui n’ont jamais été affirmés par l’étude, ou encore en utilisant l’arme atomique en matière d’études scientifiques, celle qui, à l’instar de « facho », discrédite tout travail : « c’est de mauvaise qualité méthodologique ». Fermez le ban.

Pourtant, à y regarder de près, en matière de qualité méthodologique, cette étude est plutôt meilleure que toutes celles qui l’ont précédée, par le nombre des familles étudiées (15000 contre quelques dizaines au mieux en général), par l’échantillonnage (panel pris au hasard et représentatif de toute la population contre familles triées sur le volet), et par le caractère très prudent de ses conclusions, à comparer aux conclusions clairement sans nuances de ces autres études.

On préférera des sous entendus lourdingues tels que « si on est contre le mariage pour tous c’est qu’on est homophobe, voire homo refoulé », ou encore comparer Frigide Barjot à Elisabeth Badinter (un match Badinter-Agacinski aurait été autrement plus loyal, quoique plus incertain), ou appeler à l’émotion sur le thème « j’ai honte pour mon pays ».

On finira bien entendu par une avalanche d’arguments retournables en quelques secondes : de quoi se mêlent les catholiques sur ce débat qui concerne les homos (mais alors de quoi se mêlent tous les hétéros qui les soutiennent) ; il y a des sujets bien plus graves (mais alors, si c’est un sujet mineur, gardons-le pour plus tard, quand nous aurons résolu les problèmes graves) ; l’Espagne et la Belgique sont toujours des pays après avoir adopté le mariage gay (outre que personne ne prétend que la France va s’écrouler si cette loi est adoptée, on pourrait malicieusement faire remarquer que le chômage a explosé en Espagne depuis l’adoption de la loi, ou bien que la Belgique a vécu une crise politique historique. Ce serait ridicule, bien entendu, d’imputer ça au mariage gay, comme ça l’est de prétendre que cette loi est bonne parce que les pays qui l’ont adopté n’ont pas explosé).

Ce projet de loi était l’occasion d’une véritable réflexion de société, voire de civilisation, sur bien des aspects. Le mariage, l’adoption, la procréation… Des questions de sociologie, de philosophie, d’éthique. Une réflexion sur le progrès, la science. Est-on vraiment réactionnaire quand on est sceptique sur ces questions ? C’est possible. Encore faudrait-il démonter point par point, avec rigueur et honnêteté, les arguments des opposants.

Mais de la rigueur et de l’honnêteté, je n’en ai pas vu beaucoup dans ce débat. Venant de ceux que l’on a d’emblée qualifiés de fachos, cela ne m’aurait pas surpris. Mais de la part de ceux qui se disent progressistes et démocrates, ça me heurte. D’autant qu’entre nous, les véritables argumentations, soulevant des points vraiment subtils et délicats à traiter (plus subtils en tout cas que la seule certitude d’être du bon côté de l’histoire), je les ai plutôt retrouvées dans le camp d’en face.

Pourtant, nous sommes, plus que jamais dans l’histoire, une population éduquée, formée, ouverte, tolérante. Capable donc de débats complexes. En théorie. Parce que de tolérance, par exemple pour les croyances de l’autre (et je le dis d’autant plus volontiers que je me considère comme un vieil anarchiste athée), je n’en ai pas vu beaucoup. Et de la part de ceux-là même qui défendent le mariage pour tous au nom de la tolérance. Au point d’entendre dire plusieurs fois, aussi, que les « anti » n’auraient pas le droit de manifester. Et du coup, je m’interroge sur notre capacité à perpétuer une démocratie, dans ces conditions. Vraiment.

Pink vador

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Written by fabien

3 février 2013 à 15:58

Publié dans Sans classement fixe

14 Réponses

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  1. Choisir et agir sans être assujetti à des repères, des habitudes, une tribu, des enjeux personnels…?
    Il est, semble-t-il, semé d’embûches l’apprentissage de la liberté.

    Pourrions-nous renverser ta dernière phrase et considérer que le propos de ton post fait partie des éléments encourageants pour une démocratie à venir?
    Que l’insoumission à des prêts-à-penser et à débattre est naissante?

    En ce qui concerne la question du mariage pour tous, j’ai également des difficultés à répondre.
    Sa revendication me semble aussi conservatrice que son opposition.

    Les lumières m’apparaissent comme de pâles lanternes pour éclairer nos aujourd’hui et nos demain.

    Christian Agostini

    3 février 2013 at 17:46

  2. il y a toujours dans chaque camp quelle que soit la cause, des gens convaincus qui argumentent et des idiots qui crient. Il ne sert à rien dans un sens comme dans l’autre de n’utiliser que les idiots de l’adversaire. Mme Taubira (voir le lien) comme quelques autres élus ou politiques ou associatifs ont aussi parler de cette loi, de ce thème, de cette question en des termes intéressants qui nous poussent à prendre position, ou au moins à réfléchir. Comme l’ont fait certains modérés des anti mariages. Après chacun a le droit de se situer où il veut, prendre position ou non. Moi le mariage m’a toujours laissé très très froid, voir pire. Hétéro ou homo, je ne vois aucun intérêt de me battre pour le droit au mariage. Mais au droit à l’égalité des citoyens oui. Tout en respectant les gens qui ne pensent pas comme moi, si eux mêmes me respectent. Je comprends qu’il soit toujours difficile de défendre un point de vue défendu par ailleurs par des individus dont on partage ni les idées ni les arguments. Mais ça ne me fait pas changer d’avis quand même. à bientôt fabien! 🙂

    billard

    3 février 2013 at 19:25

    • En dernier ressort, en démocratie, la question serait de savoir ce qu’en pense la majorité, après s’être assuré que chacun ait eu accès à une information aussi complète et honnête que possible.
      Ici, il me semble que sur une question aussi fondamentale, un référendum se serait imposé. Plutôt qu’un vote à l’assemblée où bien rares seront les députés qui oseront voter contre leur camp.

      fabien

      3 février 2013 at 20:16

      • la démocratie telle est la question au centre .elle a été plus que malmenée ici comme ailleurs: manipulation, pot de vins, abus de pouvoir, élection d’un président minoritaire aux etats unis, trucage et bouffonerie lors d’élections de partis en France, la liste est longue, la démocratie est malade. La représentation nationale idem. Et il y a peu de voix ou de réflexion sur ce thème. Pour ce qui est du référendum nous avons tous en souvenir l’abolition de la peine de mort ou s’il y avait eu referendum elle n’aurait pas été adopté. Il faut évidemment en l’absence de toute autre intelligente méthode ( la démocratie la moins mauvaise manière d’exercer le pouvoir) demander à une majorité de se prononcer. Et aussi parfois courageusement faire avancer la société… cruel dilemne et contradiction….

        billard

        3 février 2013 at 20:42

  3. Pardon Fabien d’intervenir sur ton blog sans présentation.
    Nous nous sommes croisés chez Vannina lors d’une soirée consacrée à Fabula.
    Je suis arrivé sur cette page par le sens de l’humus.
    Bonjour/bonsoir, donc.

    Christian Agostini

    3 février 2013 at 20:56

  4. Les arguments de l’écologiste sont très intéressants : sur le rôle de la technobiologie et le retour de la lutte des classes, car qui auraient les moyens de se payer une mère porteuse ? Est-ce que les mères porteuses sont des cadres supérieures ou des avocates ? Par contre, le PACS n’est pas, juridiquement, l’équivalent du mariage hélas, un exemple : il faut passer chez le notaire pour éviter à l’autre de se faire jeter du logement en cas de décès du conjoint, et passer chez le notaire ça veut dire payer (cher). Comme dirait l’autre, l’anarchie est le meilleur système politique mais les gens ne sont pas raisonnables.

    Lou

    4 février 2013 at 09:01

    • C’est un peu le même problème pour l’adoption. On a aujourd’hui la mise en place d’un marché international de l’adoption, liée au fait que la demande d’enfants est très supérieure au nombre d’enfants à adopter. Ce qui conduit à la mise en place de véritables trafics. Auxquels les états répondent par des mesures de fermeture. Mais la demande est croissante. Il est probable que le trafic va se professionnaliser, avec d’un côté de véritables mafias capables de contourner les mesures judiciaires. Et de l’autre des occidentaux fortunés qui pourront payer très cher ces enfants et eux aussi contourner la loi. C’est déjà arrivé, avec Johnny Hallyday qui a pu adopter sa fille Jade uniquement avec l’appui de Chirac. A 60 ans, alors qu’en général, on évite d’accorder l’adoption à des personnes de plus de 40 ans… Et ensuite, il a pu en adopter une autre à 65 ans…
      Adopter devient de plus en plus une question de moyens financiers et de relations.

      Évidemment, avec le mariage pour tous, on va augmenter encore la demande, donc le niveau du ticket d’entrée et la pression sur le trafic d’enfants. Y a-t-on vraiment réfléchi ? Quelles seront les conséquences pour les enfants (enlèvements, trafic…) ? Et pour les couples stériles à revenus limités ?

      http://www.adoption.gouv.fr/Les-reponses-aux-questions-posees.html

      « Concernant l’adoption d’un enfant né en France, les conseils de famille confient rarement un nourrisson à un ou des parent(s) ayant plus de 40 ans. Certains pays étrangers prévoient un écart d’âge maximum entre parents et enfant et ne confient pas de nourrisson à des parents âgés de plus de 40 ans. Le fait d’être âgé de 40 ans ou plus peut donc, compte tenu des délais d’attente, être un obstacle à l’adoption d’un enfant de moins de 5 ans. »

      http://abandon-adoption.hautetfort.com/archive/2010/09/30/l-adoption-internationale-chute-le-nombre-d-adoptions-d-enfa.html

      « plus que jamais, l’adoption internationale est devenue un véritable « marché ». Avec une « demande » toujours plus forte (malgré la mise en place de procédures pour les candidats adoptant dans certains pays, la filière dite « libre » reste majoritaire). Et une « offre » globalement en baisse (moins d’orphelins de père et de mère ; moins d’abandons ; plus de règles éthiques, etc.). »

      fabien

      4 février 2013 at 15:36

      • Y a qu’à voir l’affaire de l’arche de Zoé ! Cela dit, avec l’apparition de classes moyennes voire aisées dans les pays « réservoirs » de bébés, il est normal de restreindre les sorties (convention de Lahaye que tu évoques) pour que les enfants puissent être adoptés sur place, non ? En gros, cela revient à dire les « nationaux » d’abord, houla… pas sur la tête ! T’as raison, c’est une problématique extrêmement complexe, en fait c’est plusieurs problématiques en une…

        Lou

        4 février 2013 at 15:51

  5. Je viens de lire l’étude de Mark Regnerus. Je la trouve aussi pauvre que les précédentes.
    Imaginons la même enquête comparant des enfants de couples blancs et de couples latino-américains ou noirs. Les résultats seraient sans du même ordre (plus pauvres, moins instruits… ).En conclurions-nous qu’il faut limiter la possibilité d’avoir des enfants dans ces communautés?
    L’impact de la discrimination ou du poids de la morale pouvant entrainer une mésestime de soi ne sont pas quantifiables dans les résultats. Surtout sur l’époque concernée.

    Christian Agostini

    4 février 2013 at 22:19

    • Ce qui ressort surtout de cette étude, c’est la question de la stabilité. Regnerus constate que les enfants de familles stables ont beaucoup moins de problèmes que les autres. On s’en doutait. Il constate aussi que les homosexuels forment des couples moins stables que la moyenne. Ca, on le sait aussi.
      D’où l’une de ses interrogations en conclusion de son étude : il se demande si accorder le mariage aux homosexuels ne serait pas une manière de stabiliser les couples et en même temps se demande si ce n’est pas risqué de faire ce pari. Je trouve cette interrogation honnête.
      Sinon, pour la période de l’étude, c’est difficile de faire une étude sur l’ensemble de l’enfance avant que celle-ci soit terminée. Il est donc normal que la période couverte soit un peu ancienne. C’est effectivement une faiblesse de l’étude qu’il reconnaît lui-même.

      Le problème, c’est que les autres études, qui sont faites sur des couples triés sur le volet (stables et de condition sociale supérieure) et sur de petits échantillons, elles, tirent des conclusions définitives. Ca, c’est malhonnête.

      Quant à l’idée de réduire la possibilité NATURELLE d’avoir des enfants dans telle ou telle communauté, c’est tout à fait autre chose. Il s’agirait d’interdire quelque chose de spontané. Là, en ce qui concerne l’adoption, il s’agit de favoriser quelque chose de pas spontané. C’est la démarche inverse.

      fabien

      5 février 2013 at 12:06

  6. Après lecture de tes pensées, toujours instructives par ailleurs, je suis quand même très perplexe quant aux liens des soi-disants « discours argumentés et parfois complexes » des « anti ». J’y ai surtout ressenti comme un goût de conservatisme excessif, avec quelques arguments fallacieux qui ont fait il me semble les beaux jours des anti-mlf. A défaut d’avoir trouvé des arguments valables contre je reste donc plutôt pour la mariage et l’adoption.

    Il me semble surtout que l’on a loupé le vrai débat, beaucoup plus difficile, de la procréation dirigée. Encore une fois la technique va dicter les comportements humains de demain sans que l’on ait eu le temps (ou plutôt pendant que nous perdions notre temps sur des sujets moins importants et délicats) de s’en rendre compte. Quelque part c’est rassurant de se dire que c’est avant les comportements individuels qui feront le comportement collectif de demain, d’un autre ça semble manquer un peu de réflexion…

    Xavier

    5 février 2013 at 11:15

    • J’ai parlé des quelques-un qui ont un discours argumenté, et qui sont très ma relayés. La grande masse des opposants n’en a pas, et il y a évidement des discours fallacieux de ce côté aussi. Mais de la part de Civitas, ça ne me surprend pas.

      Pour la procréation dirigée, c’est évidement un problème plus grave. Le problème, c’est que les militants de la cause LGBT nous mettent tout ça dans le même paquet. On est donc plus ou moins obligé de tout accepter ou de tout refuser, même si on peut penser que dans l’idéal, on pourrait séparer les questions. Je crains que dans les faits, on soit dans le tout ou rien.

      fabien

      5 février 2013 at 12:11

  7. Christian Agostini

    5 février 2013 at 23:24

  8. Merci Bastien. Ton billet m’a finalement amené a cerner de plus près les questions et les enjeux de cette loi.
    Même si mon avis reste globalement le même, je sais un peu mieux pourquoi.
    Évidemment les argumentaires que tu as dénichés sont plus séduisants que les invectives et quolibets entendus par ailleurs.
    Mais sous leurs apparences policées, je décèle tout de même de nombreuses affirmations gratuites. Dans l’ensemble, j’y entends les fruits de partis-pris plutôt conservateurs.
    Quand à l’étude de Regnérus, pardon d’y revenir, elle me semble toujours sans intérêt, malgré tes nuances.
    J’ai sans doute choisi de mauvais exemples précédemment.
    Imaginons la même enquête sur les enfants de couples mixtes. Les résultats seraient sans doute assez proches. Mais l’explication ne vient pas tant de la situation des parents que du manque de reconnaissance de ces situations dans la société.
    Pour les mêmes raisons, les arguments sur les incidences psychologiques pour les enfants de ces nouvelles configurations filiales me semblent fumeux.
    Un enfant souffre-t-il de ses singularités, de ses différences ou de la façon dont celles-ci sont mal reconnues dans son environnement? Je penche plutôt pour cette deuxième hypothèse et suis donc favorable à tout ce qui peut atténuer les discriminations morales.
    Mes commentaires ne sont pas argumentés. Reprendre posément chaque point discutable serait plus sérieux et passionnant… Mais c’est déjà demain.
    Cela dit, je partage les premiers constats de ton billet.
    Cette loi ne bouleversera pas l’univers.
    Les débats sont affligeants de simplification de part et d’autre et pas seulement sur ce sujet.
    Tolérance et ouverture d’esprit semblent davantage des postures que des comportements incarnés.
    Pour conclure, j’espère trouver assez de volonté pour consacrer mon énergie et mes modestes capacités à l’élaboration d’alternatives pour cette magnifique mais moribonde organisation collective. Radicalement ailleurs.
    Dans le pire des cas, mon enthousiasme ne pourra pas être plus stérile que celui consacré à des valeurs qui m’apparaissent de plus en plus obsolètes et vaniteuses.
    Merci donc pour ce billet, même si je me sentais plus en phase avec ton lyrisme à propos des BRF en Corse, par exemple.

    Christian Agostini

    6 février 2013 at 02:11


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