1000 idées pour la Corse

1000 idées pour la Corse et pour le monde

Idée n°111 : faire quelques révélations littéraires

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Alors bon, la météo grandement bretonne de la semaine dernière m’a donné une furieuse envie de parler de littérature anglaise. Et comme le nombre111 m’évoque irrépressiblement le nom de Mr. John Ronald Reuel Tolkien, qui est au moins deuxième dans la liste de mes admirations littéraires, je ne peux faire autrement que passer à l’acte.

111, chez Tolkien, c’est pas le nombre de la bête, mais l’âge de Bilbo au début du Seigneur des anneaux. Bilbo qui est le héros de l’autre livre célèbre de Tolkien, mais qui prend une retraite bien méritée dans celui-ci, laissant à son neveu Frodo la lourde tâche d’aller bazarder dans un lointain volcan un encombrant anneau dont l’existence menace la survie de ce qu’il reste de beau dans ce monde.

Le principal génie du Seigneur des anneaux réside dans l’extraordinaire retenue de la narration. Tolkien préfère mettre de l’intelligence, de l’imagination et de la poésie sur le papier, plutôt que du spectacle. En cela, il est résolument antimoderne et estimable à mes yeux. Raconter une histoire extraordinaire sur un ton ordinaire, faire entrer par petites touches le fantastique et la noire réalité du monde dans la vie d’êtres que rien ne préparait à cela, c’est tout le talent de Tolkien, et tout l’esprit du Seigneur des anneaux.

Esprit qui a échappé au réalisateur de la balourde et pompière adaptation cinématographique des années 2000, mais bon, tout le monde a adoré, alors je vais pas insister (et pourtant, il faut voir le génial et complètement dingue BrainDead de Peter Jackson, réalisé avec des bouts de ficelle, pour se dire que vraiment, filer 300 millions de dollars à un génie est le plus sûr moyen de l’assassiner). Une adaptation furieusement privée de géométrie et de théologie, aurait dit Ignatius Reilly, qui lui aussi avait de furieux problèmes d’anneau et détestait la moderne décadence (vous dire s’il aurait été compétent sur la question).

Mais ce n’est pas que pour me plaindre que j’écris tout ceci. C’est aussi pour faire aujourd’hui d’importantes révélations sur des faits troublants des écrits de Tolkien, qui me laissent penser que nous pourrions réclamer une part considérable des droit d’auteur à ses ayant-droits. Jugez plutôt :

Dès les premières pages du Silmarillion, qui est le grand travail mythologique de Tolkien, Ilúvatar, le créateur de toutes choses, fait naître l’univers en faisant chanter des polyphonies aux dieux qu’il a créés. De l’harmonie et des disharmonies nées de ces polyphonies naît notre monde, dans toute sa complexité. Le Silmarillion est d’ailleurs une œuvre très noire, dans laquelle s’enchaînent les tragédies, tant la violence et l’esprit de vengeance semblent culturels, voire génétiques, chez ses héros. Comme, vous dira monsieur Valls (qui est un monsieur toujours très doux et très calme), la violence est l’apanage du peuple corse, ce sont là deux premiers indices troublants qu’en réalité toute l’œuvre de Tolkien se passe en Corse.

D’ailleurs, une autre manière d’exprimer le terme « Terre du Milieu » ne serait-elle pas « Centre du Monde » ? Soit finalement la seule manière honnête de désigner l’Île de Beauté ?

Le périple de Frodon et Sam dans le seigneur des anneaux vient dissiper tous les doutes : après avoir quitté leur Comté aux douces collines (la Balagne, à l’évidence), ils traversent les mines de la Moria (l’Argentella, pour sûr), traversent une forêt où les arbres gardent leurs feuilles dorées en hiver (nos chênes pubescents aux feuilles marcescentes, bien entendu), puis suivant un long fleuve (le Fango, c’est certain), longent la forêt de Fangorn (ah, vous voyez ?), où s’égareront leurs compagnons Merry et Pippin. Il entament ensuite une longue ascension vers un col terrible (Bagnarola, m’est avis, j’ai encore le souvenir cuisant de sa traversée un jour d’épreuves de probatoire d’accompagnateur en montagne), qui les conduit finalement au Mordor, micro-région isolée entourée de hautes montagnes, dont l’élu local, Sauron, tente, sans succès malheureusement, une spécialisation dans les arts du feu.

Tous indices qui ne peuvent amener qu’à une seule conclusion logique : le Seigneur des anneaux n’est rien d’autre que la version longue de La Muntagnera (avec Gollum pour cheptel capricieux à mener au but). Et tout ceci s’explique sans doute par le fait que Tolkien était corse, peut-être un descendant de Pascal Paoli, qui a bien dû en son temps laisser un peu de son génome en Angleterre.

Si quelqu’un pense avoir une meilleure explication, je suis prêt à entendre son maladroit argumentaire, mais je crains malheureusement que mon implacable démonstration ne souffre aucune contestation possible.

LOTR

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Written by fabien

27 mai 2013 à 06:13

Publié dans Culture générale

4 Réponses

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  1. Je ne savais pas que la pluie Corse avait le pouvoir de faire délirer à ce point!!!!!

    Anonyme

    27 mai 2013 at 14:23

  2. Et non !! ce n’est pas un commentaire anonyme .Signé: Mina .

    Anonyme

    27 mai 2013 at 14:25

  3. Ayant vite parcourus le titre de votre page d’un rapide coup d’œil, je fus déçu de lire vos dérévélations ensuite, ou plutôt, votre interprétation ultra-subjective de ce récit aussi fantastique. Comment pouvez vous interpréter objectivement ce roman sans vous rendre compte que vous rapprochez inconsciemment deux choses que vous aimez plus que tout, à savoir Tolkien (visiblement) et la Corse (j’en suis convaincue). Ne pensez-vous pas qu’un nombre considérable de passionnés comme vous, aimant Tolkien et leur région à la fois (des gens formidables de facto), n’aient fait le rapprochement entre leur zone géographique et l’histoire de Tolkien? A moins que votre « 111 idées » soit ironique ? A vrai dire, je m’attendais à lire chez vous l’envie de connaitre de nouveaux écrivains Corses talentueux (ayant vite parcourus le titre d’un simple coup d’œil). Ce monsieur là faisait bien le travail, http://pourunelitteraturecorse.blogspot.fr/ et l’arrêt de son blog m’a peiné. Alors en parlant de révélation en mes termes, je vous donnerais un exemple, de révélation à mon gout stylistique made in Corsica : http://hardcorse.wordpress.com/2012/11/16/cest-le-boulevard-ici-fils-de-pute/ Un Samuel Beckett de Bastia, loin, je pense, d’avoir voulu donner un style ou « particularisé » l’écriture pour se démarquer. J’ai ressentis un évident « besoin » de cette forme plutôt qu’un « style » pour le style, ou l’on vulgarise un procédé rendu pareil à un autre, comme N Beauregard avec j’aime. A moins d’avoir loupé une idée? Tout est subjectif me diriez vous

    jodimurato

    9 juin 2013 at 03:50

    • Bon, je retiendrai de ceci que je suis un gens formidable de facto. Merci.

      fabien

      9 juin 2013 at 14:06


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