1000 idées pour la Corse

1000 idées pour la Corse et pour le monde

Idée n°16 : tisser notre toile

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Il y a quelques années, de retour d’une tentative d’émigration en Angleterre, je revenais en France sans véritable projet. Je venais durant quelques temps d’apporter ma contribution à la cause de l’agriculture biologique (en clair, j’avais passé 3 semaines à me faire exploiter dans un jardin), et j’avais trouvé ça plutôt intéressant (mettre les mains dans la terre, pas de me faire exploiter). J’avais eu la bonne idée de conserver mon appartement à Paris (j’ai eu une période parisienne), je me retrouvais donc dans la capitale avec pour idée de faire quelque chose en lien avec l’agriculture.

L’idée était un peu suicidaire, on en conviendra : agir dans l’agriculture à Paris, c’est déjà un peu bizarre, comme idée. Si on ajoute à ça que je ne connaissais alors absolument rien ni personne dans ce domaine, qu’une bizarre tendinite m’empêchait quasiment de marcher depuis des mois et que ma santé générale n’était pas très solide, la mission était improbable.

Pourtant, à peine un an plus tard, je me retrouvais membre fondateur d’une association dynamique, comptant deux salariés et une trentaine de d’adhérents, gérant des budgets européens, expérimentant de nouvelles formes de fonctionnement et croulant sous les idées et les projets. J’étais en relation avec des dizaines d’humains passionnants, et j’avais une connaissance assez fine de domaines dont j’ignorais jusqu’à l’existence au début de cette histoire.

Ceci n’aurait pas été un seul instant possible sans l’existence d’internet.

Surtout, cela n’aurait pas été possible si d’autres n’avaient pas, avant que je ne me pointe sur le réseau, inventé des outils performants, et si d’autres encore n’avaient pas utilisés ces outils pour créer diverses structures de communication et de partage du savoir :

Grâce à des forums de discussion, j’ai pu faire la connaissance de gens ayant le même type de projets que moi, grapiller de nombreuses idées, confronter mes opinions à des centaines d’opinions différentes.

Grâce à des Wikis et à divers sites, j’ai pu m’initier à des sujets multiples, sans être obligé dans un premier temps de rechercher des ouvrages sur ces sujets. J’ai pu moi-même, parfois avoir le plaisir d’offrir à d’autres mes connaissances sur tel ou tel domaine.

Grâce au blog que nous avons créé pour Le Sens de l’Humus, nous avons pu développer nos idées, les faire connaître. Les commentaires de nos lecteurs nous ont permis de compléter nos savoirs, ont corrigé certaines de nos erreurs. Nos lecteurs ont pu nous rencontrer grâce à ce blog, ou y participer à distance.

Grâce à des moteurs de recherche, j’ai pu trouver d’autres informations, les références des livres qui me permettraient d’approfondir certains sujets . Ces mêmes moteurs de recherche nous apportent aujourd’hui la majorité des nouvaux lecteurs de notre blog.

Les liste d’information et de discussion par mail nous ont permis de structurer nos projets, de préparer nos réunions, d’informer nos adhérents et nos sympathisants. Nous avons pu stocker et mettre en commun de nombreux documents grâce à des outils le plus souvent développés par la communauté du logiciel libre. D’autres outils nous ont permis de faire vivre la démocratie interne de nos associations.

Quand je suis revenu en Corse, avec en tête de renouveller ici l’expérience du Sens de l’Humus, j’ai tout naturellement cherché à refaire la même chose. Je me suis donc mis en quête des forums, des sites, des blogs, qui me permettraient de connaître les Corses susceptibles de devenir mes nouveaux compagnons de route. La récolte fut maigre.

Il serait faux d’affirmer que je n’ai rien trouvé. Il y a de belles choses en Corse sur Internet, la liste de liens de ce blog le montre. Mais il y aussi de très grosses lacunes. Je n’ai pas, par exemple, trouvé de forum de discussion citoyen généraliste, accessible à tous. Il y a bien des forums traitant de sujets plutôt légers, d’autres clairement politiques, et c’est une excellent chose. Il y a aussi plusieurs forums en langue Corse, ce qui me réjouit et me permet de progresser dans la connaissance de ma langue paternelle. Mais ces espaces regroupent soit des portions bien définies de la communauté corse, soit ne traitent pas des grands sujets de société.

J’ai même tenté de m’inscrire sur un forum qui me semblait potentiellement intéressant, sans succès. J’attends toujours qu’un administrateur veuille bien confirmer mon inscription. Et ce forum n’étant ouvert même en lecture seule qu’aux seuls inscrits, je ne peux même pas en connaître le contenu exact. De quoi décourager les plus motivés.

D’autres outils existent mais sont employés de manière tout aussi fermée. Des sites n’ont pas, volontairement ou involontairement, de contact à proposer. De nombreux blogs sont modérés a priori, quand leur auteurs ne censurent pas purement et simplement les commentaires. Des sites sont mal référencés, parfois introuvables même quand on connaît leur existence. Mes interlocuteurs par mail ignorent parfois tout de la netiquette, des pages de Wikis restent désespérément vides. Sur Wikipedia, il existe une page sur Sambucucciu. En Anglais.

Ce n’est pas étonnant, ni anormal. Dans une île de 300 000 habitants, aux caractéristiques sociologiques particulières, on n’a forcément pas la même maîtrise des technologies de l’information que dans une grande capitale, ni simplement statistiquement le même nombre de petites mains pour remplir les pages. Et nous avons par ailleurs d’autres atouts : il n’existe pas à Paris d’équivalent du forum matinal de RCFM.

Il n’empêche que parvenir à stucturer notre usage d’internet permettrait sans doute aux informations de mieux circuler, aux débats citoyens de se développer, et aux Corses qui veulent agir pour leur île de se connaître et de s’organiser plus facilement. Nous devons tisser notre toile. Je préciserai dans d’autres articles les moyens qui me semblent utiles à cela.

Remarque : il est très probable que de nombreuses initiatives m’aient échappé. J’en suis désolé, et je serais heureux de les connaître, et d’aider à les faire connaître.

Retrouvez tous les articles de 1000 idées pour la Corse.

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons

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Written by fabien

2 novembre 2009 à 19:36

2 Réponses

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  1. […] Mais non, je décrète aujourd’hui journée mondiale de la pensée positive, et je vais reparler d’internet sans […]

  2. […] Je l’ai déjà dit, je pense que pour la Corse, la présence d’un forum de discussion solide dédié à nos problématiques serait d’un apport considérable. […]


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