1000 idées pour la Corse

1000 idées pour la Corse et pour le monde

Idée n°91 : parlà u Corsu in Balagna

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C’est une idée que j’avais lancée en l’air il y a quelques mois : organiser des ateliers de langue corse, en quelque sorte des « cafés linguistiques », des soirées conviviales et régulières où on pourrait entendre parler Corse, parler soi-même, chanter, etc. Des soirées participatives où tout le monde apporterait son savoir, petit ou grand, et le partagerait.

L’idée est retombée sur Santu Massiani et Toni Casalonga, qui ont bien voulu s’en saisir et la concrétiser : Mercredi prochain, 11 janvier, à 18h, A Casa Balanina di a lingua organise le premier atelier du genre à la mairie de Pigna (sur la place du village, vous pouvez pas vous tromper). Il sera animé par Jean Allegrini, qui a une expérience de l’enseignement en classe unique et aidera à gérer les différences de niveau entre les participants.

Je ne sais pas exactement comment se passeront ces soirées (j’avoue que j’ai très peu participé à leur mise en œuvre), mais je voyais à l’origine les choses de la manière suivante :

– Le rendez-vous doit être régulier. Une base hebdomadaire serait parfaite. Ainsi, chacun est libre de venir régulièrement ou pas, il n’y a pas de pression à être là, si on rate l’atelier, il y en a un autre la semaine suivante. Et la régularité permettra peu à peu de faire de ces ateliers une institution connue de tous.

– L’atelier doit être participatif (autogéré, pourrait-on dire). Il n’y a pas de prof. Il n’y a que des participants avec divers niveaux de savoir à partager. Outre le fait de rendre la chose moins académique et plus conviviale, ça a l’avantage de renforcer les chances de régularité : on n’annule pas l’atelier parce que le prof serait absent, ce sont les participants qui font l’atelier.

– L’atelier doit être convivial sans être bordélique. Il s’agit tout de même de venir pour transmettre et pour apprendre, il faut donc une base sérieuse, mais chacun devrait pouvoir apporter sa guitare et ses cordes vocales. Une possibilité étant de scinder l’atelier en une première partie plus sérieuse et une seconde partie festive avec un repas au milieu (un autre avantage de cette formule est que les participants peuvent choisir de n’être présent que durant l’une des deux parties).

– L’atelier doit s’adresser à tous : corsophones, non corsophones, et ceux qui, comme moi, ont le Corse sur le bout de la langue mais une certaine difficulté à le faire sortir. Il faudrait faire en sorte que tout le monde s’y sente bien et y apprenne ou transmette quelque chose.

– L’atelier doit être libre. Chacun est libre de venir ou pas, de venir régulièrement ou pas, de participer ou d’être simple auditeur, de parler en Corse ou en Français. Il ne doit pas y avoir de pression sur les participants qui ne savent pas parler Corse ou n’ont pas l’habitude de le parler.

– L’atelier peut être repris par toutes les communes qui le souhaitent, par des cafés, par des associations. Plus il y aura d’ateliers de ce genre, plus il sera possible pour les Corses de parler et d’entendre leur langue.

En espérant vous voir nombreux mercredi prochain…

Manifeste pour un droit au logement digne pour tous

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Written by fabien

6 janvier 2012 à 12:42

Publié dans En pratique

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6 Réponses

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  1. En voila une idée qu’elle est bonne!!!!!!!

    J’aurai aimé connaitre un tel endroit lorsque je me débâtai avec la « méthode à « Mimile »pardon,assimil pour apprendre un peu le corse dans les années 80.

    Bonne réussite.

    Pace salute a tutti(si j’ai mal écrit,merci de me corriger)

    Mina

    mina

    7 janvier 2012 at 14:03

  2. Tu dois être dans un coin où on ne parle plus beaucoup, parce qu’ici, inutile de monter un tel « rdv linguistique », ça parle tout seul, et encore plus dans les lieux de rencontre 🙂

    Paci e saluta (et ça fait plaisir de revoir une certaine régularité à tes billets 🙂

    KSP

    KSP

    7 janvier 2012 at 14:51

    • « Paci è saluta ».
      Apparemment, on se débrouille mieux dans le sud que dans le nord. Tu es où exactement ?
      Cela dit, ici aussi, on peut trouver de quoi parler, dans les bars des villages, mais c’est plus aléatoire, en fonction de qui se trouve là. Et puis de plus en plus de villages ont leurs bars qui ferment en hiver. Sur le littoral, on ne parle plus trop Corse…
      Et puis il y a aussi une timidité à être devant des gens qu’on a toujours connus et avec lesquels on n’a jamais parlé Corse. Me mettre à parler Corse avec mon père, c’est ce que je trouve le plus dur. On a déjà parfois du mal à se comprendre en Français… Quand je monte à Speloncato, je n’ose pas sortir mon Corse imparfait devant des gens qui me connaissent depuis toujours.
      Ca peut paraître con, mais il paraît, d’après Santu Massiani, que c’est très répandu.

      Ca fait plaisir de savoir qu’on fait plaisir à du monde en écrivant. La régularité va revenir. Il m’est juste arrivé un truc pas cool l’été dernier qui m’a laissé sur le carreau quelques mois.

      Pace è salute anc’à tè.

      fabien

      8 janvier 2012 at 09:05

      • Je sais pas si on se débrouille mieux ici (sur les hauteurs de l’Alta Rocca) qu’ailleurs, je sais qu’il y a quand même une certaine demande pour des cours plus ou moins formels, demande qui reste lettre morte.
        C’est bien si ces cafés linguistiques permettent de briser la glace des appréhensions. De mon côté, j’ai franchi le pas mais je trouve effectivement peu de répondant (de mon père le premier, d’ailleurs…).

        Longue vie à ton blog!

        KSP

        KSP

        8 janvier 2012 at 18:40

  3. Pace è Salute Fabien
    Merci pour l’info.
    C’est la version balanine de Parlemu corsu (lancé par Micheli Leccia di Porti Vechju), qui organise des Stonde sur différents thèmes, dans différentes régions.
    Si tu peux, tiens nous au courant des prochaines dates, je ne pourrai pas venir en janvier.
    A prestu
    Colette

    Colette

    8 janvier 2012 at 23:04

    • Salut Colette

      Pace è salute,

      Si ça se fait comme je le souhaiterais, il n’y a pas de date à annoncer, puisque ce serait tous les mercredi.
      C’est ce qui me semble le plus important. Le problème des événements ponctuels, c’est qu’ils nécessitent à chaque fois une grosse communication et de gros moyens. Là, il suffirait de faire savoir petit à petit que ça se passe, tous les mercredi, et peu à peu, ça deviendrait une habitude.

      fabien

      9 janvier 2012 at 05:50


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